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Catherine Lozac’h, candidate en première instance

Comme son nom l’indique…

Aurait-elle seulement pu faire autre chose ? À 14 ans au collège, Catherine crée un journal. À 18 ans, elle voyage, beaucoup, en Algérie, en Côte d’Ivoire, au Pérou notam- ment. Au retour, elle propose toujours, ici ou là, des articles. Les étés, elle fait des remplacements au Télégramme, à l’agence de Concarneau, sa ville natale. Et bien sûr, elle y est embauchée par celui là même qui l’avait remarquée au collège, quand elle y avait créé un jour- nal. La boucle est bouclée ? Ce serait trop simple !

Car entre-temps, Catherine a aussi « fait » une école de commerce à Marseille : « on m’avait dit, ne va surtout pas dans cette ville. Par esprit de contradiction et par curiosité, j’y suis allée ». Elle y obtient un diplôme « pour faire plaisir à mes parents ». Son père est instit’, militant laïc, politique et associatif comme on n’en fait plus, souvent en réunion mais toujours présent et influent. Et comme les chats ne font pas des chiens, c’est sans doute ce qui mènera Catherine vers l’engagement syndical. Dans le journal, ils étaient un petit nombre de jeunes du même âge et voulaient faire quelque chose de neuf en face de journalistes plus anciens adhérents à des confédérations. « On s’est renseigné et on s’est tourné vers un truc qui s’appelait le SNJ, bien aidé par un militant aguerri du journal concurrent Ouest-France ». Elle a ensuite été DP et DS (lozach, à l’origine, signifie chef de famille…).

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« Nous, on est le petit journal face au mastodonte Ouest-France même si on est majoritaire dans le Finistère ». Le Télégramme, c’est tout de même 200 journalistes. Après Concarneau, elle est passée à Douarnenez, et elle est désormais à Vannes, après avoir été détachée au web sans se désintéresser du print. Localière, un choix? Oui. « Même si au départ et avec les voyages, j’aurais pu me voir plus volontiers à Géo. On croit toujours que c’est plus beau dans le pré d’à côté. Mais j’ai découvert que la vie d’une commune, de ses habitants, ses rythmes, ses coutumes, c’est tout aussi intéressant ».

Comme correspondante de la Commission de la carte, Catherine a fait cinq mandats et donc « enquêté » sur plus d’un millier de demandes. Elle est aujourd’hui candidate en première ins- tance. « Ça fait des années que j’envoie mes avis à Paris, là, je vais enfin monter voir ce qu’on en fait », rigole-t-elle. L’envers du décor. Une journée par semaine seulement. Car son décor à elle restera à jamais le même: sa fille, son mari, ses falaises et ses plages bretonnes, son bateau (elle est une des rares femmes skippers), son piano… Finalement, le plus important.

Claude CORDIER

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